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 Un petit tour de train [Lucian]

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MessageSujet: Re: Un petit tour de train [Lucian]   Ven 24 Oct - 19:07


un petit tour de train



Lorsque nous sommes ainsi, j'ai véritablement cette impression que nous sommes fait l'un pour l'autre. Nos bouches se rencontrent comme-ci elles c'étaient toujours connues, avec passion et ardeur. Nos langues, c'est une toutes autre histoire, elles s'accordent à la perfection, se fondant tellement l'une avec l'autre que l'on pourrait croire qu'elles se sont manquées. J'aime être ainsi avec Lucian, avoir cette sensation que rien ne peu nous séparer, qu'ensemble, nous sommes invulnérables. Ma main continue sa descente sur sa chemise pour faire sauter le second bouton, je sais ce que je veux, et je sais qu'il le sait. « On dirait bien que je ne suis pas le seul à demander plus. » C'est une vérité, il est loin d'être le seul et ne le sera jamais, j'en demanderais toujours plus lorsqu'il s'agira de nous et de nos baisers. Le simple fait d'être ainsi collé à lui laisse mes désirs prendre le dessus sur moi, et je suis bien incapable de les tarir. Et puis pourquoi le ferais-je, je n'ai aucune raison de m'en priver. Je continue donc de l'embrasser avec ferveur et dévouement et c'est là que tout bascule, que mon moment de paradis devient un cauchemar sur terre. Il brise le baiser, mon regard ce porte sur le sien. Son expression semble exprimer... de la douleur, oui une douleur certaine est en train de s'emparer de lui. Mais pourquoi ? Qui a-t-il bien pu ce passé pour qu'une telle douleur s'empreigne de lui ? Il me repose à terre et je comprends alors que cette douleur est plus que sérieuse. Quelque chose ne va vraiment pas chez Lucian et j'ai bien peur d'être impuissante face à cela.

« Je crois bien que ton chevalier n'est pas au mieux de sa forme... »

Il plaisante, mais son expression indique bien qu'il souffre. Je lève la main vers lui pour caresser son visage avec douceur, que ce passe-t-il bon sang ? Les strigoïs peuvent-ils être malade ? Il ne me semble pas, alors qu'est-ce qui pouvait bien faire souffrir Lucian de cette façon. Il pose sa main sur le mur à côté de ma tête, comme pour se soutenir, tout va mal. Mon cœur se serre alors qu'il pousse un cri, un terrible cri qui raisonne comme la mort dans ma tête. Je me fige de peur, je ne suis plus capable de bouger, ni de parler, je me contente de le regarder, les yeux brillants de l'inquiétude qui me gagne plus encore. Il recule et une peur plus grande s'empare de moi, comme un mauvais pressentiment.

« Il n'y a aucun doute... Je préfère bien mieux la sensation de tes baisers que celle-ci... »

Cette phrase est belle, mais stupide, je me doute bien qu'il préfère mes baisers à la douleur qui le vrille. Je pousse un cri lorsqu'il s'écroule à terre « Lucian.. ». Je me précipite sur lui, je le soulève dans mes bras et dépose mon visage contre le sien avec douceur, une larme coule sur ma joue. Je ne comprends pas ce qui lui arrive. Me reviens alors en tête le petit rictus qu'il m'a caché lorsque j'avais resserré la pression de mes jambes contre son torse. Je défais tout les boutons de sa chemise et fait la triste découverte d'une plaie béante qui semble infectée. Une plaie de strigoïs infecté ? Laissez-moi rire, il y a autre chose dessous, et à la douleur, au regard que porte Lucian, la raison me semble évidente, un empoissonnement. Un foutu poison parcoure son corps. La forme circulaire de sa blessure laisse penser à un pieu en argent de gardien dhampir, je pousse un grognement. Il ne m'est pas difficile de comprendre qui à bien pu faire ça. Je reporte mon regard sur celui de Lucian et grogne presque ses mots :

- C'est lui qui t'a fait ça, n'est-ce pas ? C'est Belikov ?

Je caresse son front avec douceur, je lui souris avec tendresse alors que mes pensées bouillonnent, que faire ? Il devait bien y avoir un antidote, il y a toujours un antidote. Et il ne fait aucun doute que seul Belikov doit l'avoir, mais l'idée de laisser Lucian dans cet état me révolte, le quitté serait trop dur. J'embrasse ses lèvres entres deux larmes et murmure tout contre lui :

- Comment puis je t'aider ? Dis-moi quoi faire pour te sauver.
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MessageSujet: Re: Un petit tour de train [Lucian]   Sam 25 Oct - 11:58


Seule ta présence atténue ma souffrance.

- Lucian..

Je ne l’entends pas m’appeler, je ne la vois même pas se ruer sur moi. C’est lorsque je rouvre les yeux après quelques secondes d’inconscience que je l’aperçois à mes côtés, une expression d’inquiétude se lisant très clairement sur son visage. Je réalise alors que je ne suis plus debout mais par terre, dans ses bras, son visage en larmes contre le mien. Je ne veux pas de ça. Je ne veux pas de pleures, pas de pitié, mais pourtant je sais bien qu’Isallys ne pourra pas s’en empêcher en me voyant agoniser. Quitte à avoir un dernier moment avec elle, je préfèrerai bien mieux le passer à la faire sourire et à l’embrasser plutôt qu’à gésir par terre, mon corps ensanglanté tenu dans ses bras.

Je sens alors tous les boutons de ma chemise se défaire entre les doigts d’Isallys, remarquant avec horreur la blessure en bas de mon torse, infectée et empoisonnée. J’aurais préféré qu’elle ne la voie pas. A vrai dire, j’aurais moi-même préféré ne pas la revoir, car en l’apercevant pire encore qu’il y a tout juste quelques minutes, je réalise à quel point mon état s’aggrave, à quel point je risque de ne pas passer ne serait-ce que la nuit sans antidote.

- C'est lui qui t'a fait ça, n'est-ce pas ? C'est Belikov ?

En quelques secondes, Isallys a compris absolument tout ce que j’ai voulu lui cacher depuis de longues minutes. J’esquisse un sourire à l’entente du nom de Belikov, un sourire douloureux. Je repense alors aux derniers évènements avec le gardien, moi cherchant à le pousser à bout, moi voulant lui faire croire à quel point il n’était rien face à moi, et lui, décimant toute ma prétention de par un simple coup empoissonné. Il n’y a pas à dire, je déteste les poisons, et si j’avais su que les Dhampirs en faisaient usage, j’aurais certainement pris bien plus de précaution ce soir-là. Je me redresse difficilement, restant assis, adossé au mur contre lequel se tenait Isallys précédemment, et elle toujours à mes côtés, toujours présente lorsqu’il s’agit de me soutenir. Face à tant de dévouement envers ma propre personne, je me dois au moins de la soulager, lui faire croire qu’après tout, je suis un Strigoï et que cette blessure n’est pas si grave qu’elle n’y parait.

- Belikov n’est qu’un pion sur un grand échiquier, crois-moi je ne lui laisserais pas le plaisir de jouer le dernier coup.

Isallys semble préférer ignorer mes mots, ignorer cette prétention qui même proche de la mort ne me quitte pas. Je sens sa main caresser mon front, puis ses douces lèvres embrasser les miennes, mais ce que je sens par-dessus tout, ce n’est pas la tendresse de ses gestes, mais bien plus la peur dans ses mots et bien sûr le fait qu’elle tremble. Je  le sens bien à ses caresses, sa main sur mon front n’est pas bien stable, ses lèvres contre les miennes expriment bien plus la terreur. N’y a-t-il pas meilleur preuve d’amour qu’une femme pleurant pour vous ? Qu’une femme prête à tout pour sauver l’être aimé.

- Comment puis je t'aider ? Dis-moi quoi faire pour te sauver.

Quoi faire, si seulement je le savais. Belikov ne nous offrira jamais l’antidote sur un plateau d’argent, il ne m’aurait pas empoisonné pour mieux me soigner. Dans ce cas quoi faire Isallys ? C’est simple, il me suffit de faire ce que je fais de mieux avec lui, le menacer, lui poser un ultimatum de plus, mais comment y parvenir dans mon état ? Je sais quelle personne il me faut attraper, la question reste donc plutôt comment réussir à la trouver et à la capturer. Je reporte mon regard vers Isallys, essuyant ses larmes du bout de mes doigts.

- Je ne veux pas que tu cherches une solution Isallys, je t’ai déjà bien trop impliqué dans mes problèmes.

Il faut bien reconnaitre les choses, Isallys et moi-même nous sommes investis l’un pour l’autre au bout de seulement quelques rencontres, mes problèmes étant déjà les siens, et ses problèmes étant devenus les miens. Je ne veux plus la mêler à ça, je ne veux pas qu’elle cherche à s’opposer à Dimitri une fois de plus pour trouver un antidote qui puisse me sauver. Je veux encore moins devoir supplier le gardien pour avoir un quelconque remède. Je crois que la mort me plait bien plus que devoir me rabaisser à ce genre d’idées.

- Je déteste la pitié... Alors laisse-moi gérer les choses à ma façon.

En prononçant ces mots, j’avais l’espoir qu’elle puisse m’écouter, bien que je savais que m’abandonner à mon sort resterait une idée inenvisageable pour elle, mais j’espérais qu’elle le fasse pour moi. Je commence à me relever, toujours dos appuyé contre le mur pour me servir de support, je veux lui prouver que je peux moi-même prendre les choses en main, mais cette fois, j’ai un peu trop surestimé mes capacités. Une nouvelle douleur s’empare de moi, m’arrachant un autre rictus de douleur, un autre grognement, et malgré mes convictions pour rester debout, je me résous à me laisser glisser à nouveau au sol, incapable de faire diminuer cette souffrance qui me bloque ici. L’instant d’après je me mets à tousser... Tousser du sang que je tente au mieux de cacher à Isallys.

- Finalement je vais rester ici encore un peu...

Malheureusement, si de mon côté je suis incapable de sortir d’ici pour trouver un remède, je me doute que du côté d’Isallys, celle-ci décidera de prendre les choses en main en prenant de l’avance sur moi, malgré mon interdiction. Aujourd’hui c’est elle qui est en position de force, et l’on peut dire que mes tentatives de lui poser des interdits ne suffiront pas à la convaincre de rester ici.
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MessageSujet: Re: Un petit tour de train [Lucian]   Lun 27 Oct - 2:16


un petit tour de train



Tu es bien idiot, Lucian, de penser un seul instant que je puisse rester là, près de toi à te regarder mourir. Tu es idiot de penser que je pourrais rester là, à ne rien faire. Oh oui, tu es bien idiot. Mais mes sentiments pour toi n'ont pas d'égal et je ne m'imagine pas te laisser me quitter de cette façon. Ce soir tu vivras, je te sauverais et t'en fais la promesse en mon fort intérieur, oh grand non jamais, je ne laisserais pas une telle chose arrivée, crois-moi bien Lucian. Mais tu semble presque préférer l'idée de la mort à celle de supplier Belikov pour cet antidote, alors nous jouerons de finesse et de stratégie si tel est ton désir. Tu t'imagine que je puisse avoir pitié de toi ? La pitié n'est pas de mise ce soir, non, loin de là, c'est le coeur d'une femme en pleure que tu as face à toi, pas l'apparence certaine d'une quelconque once de pitié. Pitié ce soir viendrait de la pauvre fille qui passera, me verra en pleure te tenant dans mes bras, elle aura pitié de la femme qui pleure son amant en train de mourir, mais sera peiné de ta douleur. Pitié, pitié n'est pas un mot qui convient dans une telle situation Lucian et j'espère qu'au fond de toi tu en as conscience, je ne m'imagine pas avoir un jour pitié de toi, comprends-tu seulement à quel point ce que je ressens à ton égard est fort ? Je n'en suis pas convaincu, alors je m'efforcerais de te le faire comprendre.

- Tu me connais bien mal Lucian, si tu penses réellement que j'ai pitié de toi et que je ne ferais rien pour te venir en aide. Tu dois bien comprendre que maintenant tu fais partie de ma vie et que je ne compte pas t'en laissé sortir et surtout pas ce soir ? Comprends-tu cela ?

Je ne peux faire autrement que de caresser son visage avec douceur et amour. Me rendant compte que si la moindre personne qui passerait par là et s'approcherait de trop pour voir ce qu'il se passe, je n'hésiterais pas à l'offrir en repas à Lucian si cela peut permettre qu'il se sente mieux. Le regardé souffrir ainsi est une souffrance intolérable que je sens au plus profond de mon corps. J'aimerais tellement pouvoir balayer cette souffrance sur son visage d'un claquement de doigt et retrouvée l'instant intense que nous étions en train de vivre avant que tout ne bascule. J'avais prévue de lui parler de tellement de choses, j'avais attendu le moment où je le reverrais avec tellement d'impatience. J'avais passé des jours horribles à ressassé les mots prononcés dans la clairière et les regards échangeaient, impossible m'avait-il été de me concentrer sur autre chose que le souvenir de ce regard qui eut tant d'impacte sur mon coeur. J'avais pourtant prononcé ses petits mots ensuite, mais je n'étais pas le moins du monde sûr qu'il les ait entendu, et s'il avait été parti avant ? Mais si ce n'était pas le cas, qu'est-ce qui avait bien pu le pousser à revenir vers moi ? Loin l'idée que je m'en plaigne, au contraire, son retour m'avait enchanté plus que je n'étais capable de le dire. A le regardé ainsi, tout était encore plus claire pour moi, mon avenir se définissait par lui. Ses jours passé à penser que peut-être, il ne voulait plus de moi avait laissé prendre place en moi un désir plus fort encore de le rejoindre dans son immortalité, même le simple fait de poser les yeux sur le visage de ma mère ne m'avait pas donné envie de vivre plus longtemps sans lui, rien ne pouvais désormais me faire changer d'avis, que ce soit ma famille ou mes amis. Mais je savais que cela ne se ferait pas tout de suite, j'avais envie d'attendre quelques mois encore et de prendre mes « disposition », revoir mon père une dernière fois à l'occasion des vacances d'hiver et profité de toutes les personnes que j'aimais une dernière fois. Je sors doucement de mes songe lorsque je réalise que Lucian tente de se lever, je fronce les sourcils, je ne suis pas d'accord avec cela. Mais son état le rattrape bien vite pour lui intimé de se rasoir. Voilà que je m'inquiète bien plus maintenant, il tousse et me cache quelque chose. Je prends doucement sa main dans la mienne et observe les quelques goûtes de sang dans sa main. Son état se dégrade de plus en plus, faisant monter la pression en moi plus encore. Je plonge mon regard dans le sien quelques instants, ne pipent mots pour le moment, avant d'articuler doucement :

- Ne me cache pas ça, ni rien d'autre.

Je soupire et prend une grande inspiration, repoussant d'un doigt l'une de ses mèches de ses cheveux venant de lui tomber devant les yeux :

- Tu sais, si tu désirs pouvoir de nouveau apprécier la sensation de mes baisers, tu dois me laisser t'aider. Donne-moi un élément, quelque chose, qui à coup sûr, fera flanché Belikov, un moyen de pression suffisant pour qu'il ne puisse se jouer de nous. Je sais que tu connais cette information.

Je me penche un peu, puis décide finalement de m'installer contre lui, m'asseyant par terre, je pose ma tête contre son épaule avec douceur. Puis, je relève les yeux vers lui :

- Dis-moi ce dont tu as besoin, Lucian. Et ne cherche pas à esquivé la question. Tu ne gères pas la situation pour l'instant et tu le sais autant que moi. Prends conscience maintenant que tu risques d'y laisser ta vie, met ta fierté de côté. Si tu désirs être avec moi autant que moi, laisse-moi prendre les choses en main.

Mon regard plongé dans le sien, je me veux déterminer, prête à encaisser n'importe quel coup et lui répondre n'importe quoi pour le faire plier. Je ne laisserais pas mourir, qu'il le veuille ou non, demain, je le verrais de nouveau sur pied, près à tuer ce gardien idiot qui ne sert à rien d'autre que nous priver de notre vie... tué Belikov, voilà qui me donne une idée.

- As-tu besoin de sang ? Veux-tu que je te trouve quelqu'un ? Tue n'importe qui, je m'en fiche, tant que tu restes avec moi.

Cette phrase indiquait tous les changements opérer en moi et tout ce dont j'étais capable de faire pour lui. Tué, voilà qui m'étais devenu une solution accessible à nos problèmes. Il pourrait tuer tout un régiment d'homme et de femme sous mes yeux que cela ne me dérangerait pas si cela le gardait en vie, si cela le gardait auprès de moi, car c'est tout ce qui compte à mes yeux. Le gardé, l'aimer et être aimé en retour.

- Je t'aime, murmurais-je de façon à peine audible.
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MessageSujet: Re: Un petit tour de train [Lucian]   Lun 27 Oct - 14:18


La satisfaction de lui dire ces mots.

Qui aurait cru que j’en arriverais là aujourd’hui ? Si avant que je ne mette les pieds dans cette ville l’on m’avait dit que je finirais mourant suite à un pieu empoisonné planté au bas du torse, je vous aurais ris au nez. J’ai déjà approché la mort de très près, mais dans l’ensemble je m’en sortais toujours bien. En revanche je n’ai encore jamais été mourant suite à un empoisonnement, et je dois bien avouer que cette mort est de loin la plus dégradante et la plus douloureuse. Sentir chacun de ses organes se tordre de douleur, sentir son cœur cogner sa cage thoracique avec violence, sentir la fièvre nous ravager et la respiration nous manquer. Je déteste les poisons, et en cet instant je déteste Dimitri Belikov. Et malgré toutes les horreurs que j’ai pu commettre sous ses yeux, notamment lors du bal, malgré le fait que je sois un Strigoï, Isallys reste envers et contre tout à mes côtés, prête à tous les sacrifices pour me voir vivre. Qui aurait cru que je tomberais sur une femme si pleine de surprise en arrivant ici ? Si parfaite.

Je l’entends alors me faire la morale, disant qu’en aucun cas elle n’éprouve de la pitié envers moi et qu’elle m’abandonnerait encore moins à mon sort. Elle voulait se battre. Se battre pour ma vie, se battre pour notre vie de couple. Je réalise alors à quel point Isallys a pu changer à chacune de nos rencontres. Elle prenait un peu plus d’assurance à chaque fois, ses doutes du début laissant place maintenant à des certitudes. Elle est devenue plus forte. Elle sait ce qu’elle veut, elle et moi pour l’éternité. La vie éternelle, une proposition que je lui avais faite lors de notre première véritable rencontre, proposition qu’elle a refusé au début mais qu’elle semble vouloir accepter aujourd’hui. Quant à moi ? Je réfléchis de plus en plus à cette idée et il semble qu’à présent, ce soit moi qui sois contre. Pas contre le fait de vivre une éternité à deux, mais contre le fait de la rendre malsaine. Je ne veux pas qu’elle ne connaisse plus que l’obscurité de la nuit. Je ne veux pas qu’elle connaisse le goût du sang de ses propres amis coulant dans sa gorge. Je ne veux pas qu’elle ressente ce manque de contrôle que je n’arriverais peut-être pas moi-même à gérer. J’aime la Isallys pure et innocente du début, et même si l’idée de la mort ne semble plus lui faire horreur, je préfère la priver de cette culpabilité et être le seul à tuer.

- Ne me cache pas ça, ni rien d'autre.

Cette douceur que tu exerces envers moi, je tiens à la conserver, tout comme l’amour que tu éprouves. Qu’est-ce qui me garantit que tu seras toujours ainsi en étant Strigoï ? C’est peut-être égoïste, mais je ne prendrais pas le risque de te transformer en quelque chose qu’aucun de nous ne peut contrôler. Je sens la fièvre m’abattre complètement, mes yeux se ferment sous le coup de l’épuisement, je n’ai jamais ressenti un tel besoin de repos. Je la sens contre moi, sa peau devenue d’un coup plus rafraichissante que la mienne, elle me procure un bien-être incomparable à nul autre. Elle me demande de lui donner une idée, n’importe laquelle pour pouvoir me sauver, mais sa voix devient très vite lointaine, voire presque inaudible. Je commence à me perdre dans la noirceur du néant, puis je la sens se décoller de moi et sa voix, plus déterminante que jamais me ramène à la réalité.

- As-tu besoin de sang ? Veux-tu que je te trouve quelqu'un ? Tue n'importe qui, je m'en fiche, tant que tu restes avec moi.

Je rouvre les yeux, esquissant un sourire à peine visible à l’entente de ces mots, trouvant la situation des plus ironiques. Je m’efforce depuis notre rencontre de ne pas commettre d’actes affreux et traumatisants sous ses yeux, et voilà qu’Isallys m’ordonne presque de tuer si cela me permet de survivre plus longtemps. Finalement je ne suis pas le seul à être égoïste, Isallys préférant bien plus apercevoir plusieurs cadavres à mes pieds pour me laisser en vie plutôt que d’épargner de pauvres innocents en faisant le deuil de son amant. Un beau couple d’égoïste s’aimant passionnément. Ayant de moins en moins de force, je me résous à lui révéler mon idée de la manière la plus courte possible, me demandant le moins d’efforts, car chaque phrase prononcée m’apparait comme une minute de moins vers la vie.

-  Rose Hathaway... C’est elle son point faible. Trouve Belikov et dit lui que si je meurs, elle y passera avec moi.

Isallys doit se charger de trouver Belikov, quant à moi, je devrais me charger de trouver Rose et d’en faire ma prisonnière. Par chance, j’ai eu la bonne idée de ramasser la dague que la gardien a jeté au sol avant d'aller sauver le monde, au moins cette fois-ci je ne serais pas désarmer face à un autre Dhampir. Si je parviens à l’atteindre discrètement sans qu’elle ne s’aperçoive de ma présence et que je place ma dague sous sa gorge, Rose est à moi. Le premier problème reste d’abord de la trouver.

- Je t'aime.

Ce murmure m’arrête dans mes pensées avec ces deux mots. C’est la deuxième fois qu’Isallys prononce ces mots pour moi, deuxième fois que les entendre me procure une sorte de soulagement indescriptible. Quant à moi ? Je n’ai encore jamais prononcé ces mots de mon entière existence, ou du moins pas en tant que Strigoï. En général, lorsqu’une femme prononce ces mots pour moi, je disparais de sa vie dès le lendemain. Peut-être effrayé par ces mots. Peut-être effrayé par l’amour. Pourtant ce soir, je n’ai en aucun cas envie de fuir, et même si je ne suis pas certain de savoir ce qu’est réellement l’amour, je sais qu’en cet instant, j’ai aussi envie de le lui dire. Après tout je risque peut-être de mourir alors autant qu’elle le sache avant.

- Je dois vraiment être le plus chanceux des hommes pour recevoir ton amour... Je t’aime, Isallys Louenn.

Je m’étonne moi-même à prononcer ces mots et à entendre à quel point cela sonne juste lorsque je le dis pour elle. Finalement ça doit être ça l’amour, ce sentiment de bien-être lorsque l’on est ensemble, ce sentiment de force et de pouvoir vaincre le monde lorsque l’on est à deux. Je t’aime. J’étais persuadé de mourir sans avoir prononcé ces mots, finalement je mourrais après. Je la dévore des yeux, à croire que même après quelques larmes elle m’apparait encore plus belle que jamais. J’aimerais pouvoir l’embrasser, revenir au moment où le poison ne faisait pas encore effet. Mais il agit bien sur mon organisme et la fatigue se fait de plus en plus ressentir. Je ferme à nouveau les yeux, réfléchissant à ce qu’il pourrait bien se passer une fois guérit, car désormais il était hors de question pour moi de mourir maintenant.

- Rappelle-moi de te le redire après avoir eu l’antidote.

Malgré la douleur j’esquisse de nouveau un sourire, me rendant compte du ridicule de ma phrase après l’avoir prononcé. Isallys n’aura en aucun cas besoin de me rappeler quoi que ce soit, mais je lui dis cette phrase pour la taquiner un peu, pour lui prouver que malgré les apparences, je ne suis pas prêt de mourir. Moi qui étais toujours persuadé que l’amour est synonyme de faiblesse, désormais je me rends compte à quel point l’amour rend fort.
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MessageSujet: Re: Un petit tour de train [Lucian]   Lun 27 Oct - 19:20


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Rose Hathaway, voilà bien un nom que je n'aurais pas cru entendre ce soir. Je ne me souvenais même plus de la dernière fois où j'avais pu penser à elle. Peut-être le jour de son retour à l'académie avec sa meilleure amie, la princesse Vasilisa Dragomir ? Il y a bien des chances, maintenant, en y repensant, j'avais effectivement du apprendre qu'elle s'entraînait avec le gardien Belikov qui lui-même avait été associé à la protection de la princesse. Je n'avais jamais fait attention qu'un quelconque rapprochement c'était réalisé entre les deux. Lucian était bien plus observateur que moi, surtout lorsqu'il s'agissait de ses ennemis. Je prenais donc note, nous avions donc un moyen de pression sur le gardien. Si nous attrapions Rose, le tour était joué et le cas contraire, je pourrais menacer de réveiller l'information, ça passerait mal à la cour à mon avis... un petit coup fil à mon père, conseillé financier de la reine et le tour était joué, carrière grillé, comme pour l'un, que comme pour l'autre. J'hochais alors doucement la tête :

- Alors, je n'ai plus qu'à me mettre en quête de Belikov.

Puis, alors que j'étais prête à me lever, je me stoppais, je devais bien admettre que je ne m'attendais pas à ce qu'il réponde à ma déclaration et encore moins de cette façon. Je dépose mon regard sur son visage avec douceur, sentent mon coeur battre la chamade. Je ne sais pas vraiment comment réagir, mais face à ses dires, je me sens bien, plus que bien. Je me penche doucement vers lui et dépose un baiser sur ses lèvres avec douceur et amour. Je caresse ensuite sa joue, les yeux plongée dans les siens. Je me dois d'ajouter quelque chose, mais quoi ? Je ne sais pas, je ne sais plus rien hormis le fait qu'il m'aime. J'en oublierais presque qu'il est mourant et que je suis sur le point de le perdre. Je dois me ressaisir pour partir en quête de Belikov. Pour l'amour que je lui porte et qu'il me porte, pour nous, je dois bouger, je dois me lever, mais partir maintenant, après ses mots...c'est si dur.

- Alors, survit Lucian. Pour nous.

Je m'octroie une dernière étreinte, réfléchissant à la situation. Ou trouverais-je Belikov ? Certainement au milieu de la fête, soit à en profiter, soit à surveiller. Peut-être même était-il en ce moment même en train de traquer Lucian ? Bien que je doute, il devait certainement imaginé que le poison faisait son effet avec douceur. Une rage plus forte s'empara de moi maintenant, j'étais déterminé et les minutes étaient contre nous. Je devais bouger, maintenant.

- Fait ce qu'il faut pour rester en vie le plus longtemps possible, tue si, c'est nécessaire et que tu en as la force. Je m'en fiche pas mal, tout ce qui compte, c'est toi. Je cours trouver ce foutu dhampir...

De nouveau je me penche pour embrasser ses lèvres, de façon plus longue maintenant. Je laisse même une certaine passion s'emparer de nous alors que nos langues se rencontrent. Je fais durer l'instant quelque peu puis, avec douleur, je romps baiser.

- Reste avec moi ce soir et nous serons ensemble pour toujours.

Et sur ses mots je me redresse, lui jette un dernier regard plein d'amour avant de tourné les talons et de me ruer sur la sortie. Mon plongeant dans les badauds pour trouver Belikov.

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MessageSujet: Re: Un petit tour de train [Lucian]   Lun 27 Oct - 23:00


Notre conscience nous rattrape toujours.

Le plan était désormais mis en place, il ne restait plus qu’à le mettre en pratique, Isallys s’occuperait de Belikov et moi de sa dulcinée. Pourtant aucun de nous ne bouge, moi ayant encore besoin de me reposer quelques minutes avant de pouvoir partir, et Isallys, immobile à l’entente de mes mots. Sans doute ne s’attendait-elle pas à ce que je les lui dise, à vrai dire moi-même je n’aurais jamais pensé les prononcer un jour, mais elle les méritait. Isally est bien la seule femme qui mérite que je les prononce, la seule femme avec qui ces mots puissent sonner justes et avoir un véritable sens. Elle me demande de me battre, ou plutôt de survivre, pour nous, pour notre amour. Oh crois-moi s’il y a bien une chose qu’il faut savoir avec moi, c’est que je ne suis pas du genre à abandonner, qu’importe mon état.

Mes yeux s’ouvrent enfin pour la voir se rapprocher, doux sourire aux lèvres pour venir m’embrasser. Tendre baiser qui m’apparait pourtant comme fatal. A la façon dont elle m’offre ce baiser, j’ai l’impression qu’elle cherche à y mettre le plus de passion, rendant cet acte le plus fabuleux possible, peut-être pour en garder le meilleur souvenir au cas où notre plan se résumerait à un échec. J’essaye de ne pas y penser, me convaincant moi-même que des baisers il y en aura encore des tas.

- Fait ce qu'il faut pour rester en vie le plus longtemps possible, tue si, c'est nécessaire et que tu en as la force. Je m'en fiche pas mal, tout ce qui compte, c'est toi. Je cours trouver ce foutu dhampir...

De nouveau elle me parle de tuer, comme-ci cet acte lui importait peu désormais, ma vie comptant bien plus que toutes les autres à ses yeux. Qui donc peut bien dire si telle vie est plus importante qu’une autre ? Dimitri aimerait bien me voir mourir pour en épargner d’autres, alors qu’Isallys préfèrerait voir une rangée de cadavres derrière moi si cela est utile à ma survie. Quant à moi ? Je n’ai pas franchement d’avis bien précis en ce qui concerne la vie et la mort, je sais simplement que lorsque le destin en aura envie, il viendra m’arracher ma précieuse vie et je n’aurais pas d’autres choix que de l’accepter, mais absolument rien ne m’empêche de me battre pour survivre. Je sens alors sa peau fraîche contre la mienne, son contact ayant l’étrange effet de m’apaiser. Je referme de nouveau mes yeux, l’effet de la fièvre étant des plus pénibles. Lorsque l’on est malade, on ne se rend souvent pas compte du temps qui s’écoule, on ne réalise même plus vraiment ce qu’il se passe autour de nous.

- Reste avec moi ce soir et nous serons ensemble pour toujours.

- Tu serais donc prête à me supporter pour toujours ?


J’esquisse un sourire mais n’entend pas sa réponse, puis la toux me regagne bien rapidement et me force à rouvrir les yeux. Je constate que tu n’es déjà plus là, à vrai dire de longues minutes se sont déjà écoulées depuis ton départ mais ce n’est que maintenant que je te donne une réponse. Réponse dont je suis seul destinataire. Je me redresse difficilement, cherchant autour de moi ce qui pourrait bien m’aider à partir d’ici, à vrai dire j’ai grandement besoin de sang. C’est alors que je le vois, lui, à l’autre extrémité de la zone d’horreur où je me trouve. Je reste un instant à le fixer, me rendant compte à quel point il a l’air réel.

- Tu ne peux pas être ici... Je t’ai tué.

- Tu as bien raison, je suis dans ton esprit Lucian. Ce poison doit sacrément t’atteindre pour que tu me voies.


Hallucinations... Il ne manquait plus que ça. J’essaye de l’ignorer, mais à plus j’évite de le regarder et à plus je le sens se rapprocher de moi. Il faut bien se rendre à l’évidence, on ne peut pas ignorer sa propre conscience.

- Je n’ai jamais voulu ta mort tu sais, tu es le seul que j’aimais bien dans cette maudite famille.

- Regarde-toi, tu es pitoyable. Avant tu esquivais mieux les coups.

- Cette ville... Elle me rend faible.

- L’amour peut-être ?

- Non, pas ça... Isallys est ce qui m’est arrivé de mieux en bien des années. J’aurais aimé que tu la rencontres, je suis sûr que tu l’aurais apprécié.


Je dois bien avoir l’air fou pour celui qui passera par ici. Moi, mourant, assis par terre en sang à parler avec quelqu’un qui n’existe plus. Pourtant à moi il me parait bien réel, tout comme cette conversation.

- Et ce Belikov ? Tu as l’air de bien l’apprécier, peut-être pour cette raison que tu te fais avoir à chaque fois.

- Il me rappelle simplement quelqu’un... Et il n'est pas repartit indemne non plus.

- Pourquoi l’avoir laissé sauver ces vies ? A quoi joues-tu avec lui ?

- Il est différent des autres... Il mérite bien de savoir qu’il peut aussi être un héros.


Je me redresse un peu mieux contre le mur, affichant une grimace suite à la douleur qui me parcourt. Puis je l’aperçois accroupit devant moi, à croquer dans une pomme apparue de je ne sais où tout en me regardant fixement.

- Pourquoi je réponds à tes questions ? Tu es dans ma tête... Dégage de là.

Il y a alors une lumière sortit du fond de la salle qui m’aveugle. Je mets ma main devant mes yeux, tentant d’y voir plus clair dans toute cette folie.

- Tu comptes rester planté là encore longtemps ? Lève-toi mon frère ! Suis-moi et je te montrerais le chemin.

Une main se tend vers moi et pendant un instant j’ai bien cru attraper celle de mon frère. La main ne me paraissait pas seulement réelle, elle l’était vraiment, mais ce n’était simplement pas celle de mon frère. Je me saisis de cette main qui m’aide à me relever, la lumière s’éteignant alors, me permettant de mieux voir. Un employé du train fantôme se tient devant moi, m’aidant à tenir debout.

- Mon vieux tu as dû sacrément boire pour te retrouver dans cet état.

- Non... J'ai justement besoin de boire.


Je plante mes crocs dans son cou, aspirant son sang qui s’écoule le long de ma gorge jusqu’à la dernière goutte. Une fois complètement vidé, je laisse retomber le corps à mes pieds, me sentant suffisamment en forme pour pouvoir avancer, mais certainement pas assez pour engager un combat. Je devrais donc jouer de finesse et de stratégie. Je quitte le train fantôme rapidement puis jette des tas de coups d’œil autour de moi, observant toutes ces personnes joyeuses me passer devant les yeux, d’autres me bousculant même puis s’excusant avant de partir vers une nouvelle attraction. Puis je l’aperçois enfin, mon frère se tenant debout parmi toute cette foule, attendant que je le rejoigne. Je me dirige donc vers lui et le suit, sans poser plus de questions, espérant qu’il me mènera réellement vers cette Rose Hathaway.
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Un petit tour de train [Lucian]
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